Marguerite Yourcenar 1903-1987

Marguerite Yourcenar 1903-1987

Sur le conseil d’une de nos lectrices, nous avons décidé d’ouvrir une modeste rubrique littéraire. Nous évoquerons nos coups de coeurs actuels et aussi certains classiques qui nous ont marqués. C’est un plaisir pour moi de l’inaugurer en évoquant ici Marguerite Yourcenar. Cette immense auteure, première femme reçue à l’académie française, marqua de sa plume remarquable notre génération, et je l’espère, les suivantes aussi.

Marguerite Yourcenar et moi

Cette écrivain, contemporaine de ma grand-mère maternelle, a profondément imprégné la très jeune femme que j’étais lorsque j’ai découvert “l’oeuvre au noir”. Ce fut le premier ouvrage d’elle que j’aie lu dans la fin des années 70, bien après sa publication en 1968. 

Dès cette première lecture, Marguerite Yourcenar m’a ouvert un univers d’histoire romanesque ou de roman historique, comme on préférera. Je ne me suis jamais lassée de la suivre dans son imaginaire fécond et sa culture approfondie.

Un petit peu de la vie de Marguerite Yourcenar

Au sujet de son existence, finalement romanesque, les biographies ne manquent pas. Je vous recommande en particulier celle de Josyane Savigneau, parue chez Gallimard en 1990, qui connaissait Marguerite et s’entretint souvent avec elle.

Marguerite de Crayencour, son nom de plume Yourcenar est un anagramme, narre elle aussi son enfance et sa vie dans trois ouvrages, regroupés sous le titre générique de “le labyrinthe du monde”

Issue d’un milieu aisé de la bonne bourgeoisie Belge par sa mère, elle fut élevée par son père, un érudit, originaire d’une riche famille du nord de la France. Sa mère décède de fièvre puerpérale peu de jours après sa naissance. Fille unique, elle sera entourée de nurses, gouvernantes et de précepteurs. Son père, Michel, veillera à nourrir son esprit de ce que l’on nommait alors “les humanités”. Il l’emmènera en voyage pour illustrer les auteurs classiques qu’ils lisaient ensemble à haute voix. Auteurs qu’elle apprendra à lire dans le texte, en langues anciennes et qu’elle appréciera tout au long de son existence.

En plus des textes anciens, toute une littérature vient s’ajouter aux lectures de cette enfant solitaire, toujours entourée d’adultes et qui a très vite appris à se suffire à elle-même en se forgeant des connaissances sur le vaste monde.

Une femme libre et indépendante

Ses premières publications datent des années 1920 et un de ses textes importants, “Alexis ou le traité du vain combat” sortira en 1929. Pour la première fois, elle aborde un thème qui sera récurrent dans ses romans, l’homosexualité masculine.

Elle-même partagera l’essentiel de son existence avec une femme, Grace,  aux Etats-Unis qu’elle rejoint au moment de la deuxième guerre mondiale.

Même si l’antiquité et l’histoire ont énormément compté dans sa vie et son oeuvre, M. Yourcenar est une femme de son temps, indépendante et libre. Elle entre à l’académie française en 1981, première femme dans cette assemblée d’hommes.

Pourquoi relire ses livres ?

Son style d’écriture est unique, précis et très recherché sans jamais être compassé. J’apprécie toujours autant la richesse de son vocabulaire et l’ampleur de son évocation.

Elle aborde des sujets demeurés délicats, malgré le temps qui a passé, avec délicatesse et sans faux-semblants. Les thèmes restent actuels, universels et profondément humains.

Aujourd’hui placée dans les auteurs “classiques” publiée dans la pléïade, la relire offre une respiration régénérante, une ouverture dans les mystères et méandres des existences humaines.

Quelques titres

  • Les mémoires d’Hadrien
  • Denier du rêve
  • L’oeuvre au noir
  • Le labyrinthe du monde  : Souvenirs pieux , puis Archives du nord, et Quoi l’éternité…
  • Le temps, ce grand sculpteur
  • etc.

J’espère vous avoir donné envie de la découvrir ou de la redécouvrir.

Catherine Schmidt Maillet
Senti-mots
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