L’exposition de la collection Blocher à la fondation Gianadda

L’exposition de la collection Blocher à la fondation Gianadda

Située à Martigny, la fondation Gianadda organise régulièrement des expositions qui présentent des oeuvres qu’on a rarement la possibilité de voir, ce que j’apprécie particulièrement.

Peu avant les mesures de “confinement” qui ont impliqué la fermeture des musées, j’ai eu le plaisir d’aller visiter l’exposition : Chefs-d’oeuvre suisses, la collection Christoph Blocher.

La fondation Gianadda et la collection Christoph Blocher

Si je ne partage en rien les idées nationalistes et rétrogrades de ce politicien zurichois qui a fait fortune dans l’industrie pharmaceutique, j’ai beaucoup apprécié sa magnifique collection privée.

Fidèle à son crédo jusque dans l’art, il a exclusivement collectionné des oeuvres de peintres suisses. C’est un privilège de pouvoir admirer ces trésors habituellement invisibles pour le commun des mortels.

Au milieu de ces artistes helvétiques, certains sont connus comme par exemple :

  • Albert Anker (1831-1910) peintre majeur de la vie rurale de notre pays au 19e,
  • Ferdinand Hodler (1853-1918) qui a essentiellement vécu à Genève et fut  très inspiré par la nature et particulièrement le lac Léman,

Félix Vallotton (1865-1925) d’abord graveur sur bois avant de développer un art majeur de la couleur, proche du milieu impressionniste.

D’autres sont moins renommés et je suis tombée sous le charme du travail de l’un d’entre eux.

Adolf Dietrich (1877-1957)

Je ne connaissais pas du tout ce peintre suisse alémanique qui a relativement peu voyagé, sauf un peu vers l’Allemagne avant la seconde guerre mondiale.

Considéré comme un peintre naïf, Dietrich est un autodidacte. Septième et dernier enfant d’une famille paysanne pauvre, ses talents en dessin sont repérés par son instituteur. Il propose qu’il se forme comme lithographe. Trop pauvres, ses parents ont besoin de son travail à la ferme et ils refusent.

Il doit aussi accepter, en plus, un travail dans une filature pour soutenir financièrement ses parents. Cependant, il ne cessera jamais de dessiner et peindre. Il reste dans la ferme familiale avec eux et y vivra jusqu’à la fin de ses jours.

Dans ses rares moments de repos, Adolf Dietrich se ressource dans la nature et s’inspire de ce qui l’entoure pour peindre aussi minutieusement que possible des détails qui donnent vie à ses tableaux.

Sa sensibilité et la finesse de son trait sont remarqués par un galeriste autrichien, Herbert Tannenbaum. Malheureusement, leur collaboration cesse avec l’accession au pouvoir des nazis, celui-ci étant juif.

Dietrich demeure dont un artiste un peu confidentiel et plutôt local.

Ce qui me touche dans ses tableaux, c’est le souci du détail autant que la composition originale des sujets. Naïf ou pas, je considère son travail comme extrêmement moderne et suggestif des ambiances qui l’entourent. Cette simplicité apparente fourmille d’éléments  et il est indispensable de regarder, d’observer même pour qu’ils nous soient révélés.

La richesse de sa peinture s’impose aussi bien au premier regard, dans la vue d’ensemble que dans la recherche des petites choses. On ressent une discrétion qui explose littéralement dans ces  détails.

Cette exposition à la fondation Gianadda s’est terminée fin juin.

Catherine Schmidt Maillet

Senti-mots

Cet article a 7 commentaires

  1. Henriette Delaloye

    Merci Catherine pour ton article. Il me pousse à aller à Martigny malgré mes convictions sur le collectionneur et les lieux mal fichus. En effet l’exposition est prolongée jusqu’en novembre.

    1. Oui vas-y ! J’ai vu tout récemment qu’ils ont prolongé. Ce n’est pas souvent qu’on peut les voir tous ensemble, ça vaut le déplacement

  2. Merci Catherine pour cet article qui me permet de découvrir cette exposition. J’apprécie particulièrement les paysages de Hodler du lac de Genève et ces montagnes qui me font penser à l’art japonais et surtout Vallotton que j’aime énormément dans sa période nabi. Quelle modernité. Bon mois d’août propice à la contemplation.

    1. Ou làlà…. Lac de Genève, seuls les Genevois l’appellent ainsi, les autres (Valaisans, Vaudois, et Savoyards) l’appellent le lac Léman!
      Plaisanterie mise à part, je partage ton avis sur Hodler et Vallotton.

      1. Ah ah c’est le titre du tableau merci pour la précision toujours les grandes questions géographiques locales 😅

  3. Corinne

    Excellent tu me donnes des envies de voyage et d’expositions ! Je ne connaissais pas ces oeuvres !

    1. Et bien n’hésite pas, l’expo est finalement prolongée jusqu’en novembre ! Et tu sais que tu peux compter sur un accueil sympa dans le coin….

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