De la blessure du rejet à l’acceptation de soi

De la blessure du rejet à l’acceptation de soi

Le sentiment de rejet est l’expression d’une souffrance dans la relation que nous avons avec nous-mêmes et notre entourage. Or, pour parler d’une blessure de rejet, il faut avoir été confronté à une situation au moins une fois dans sa vie qui laisse une marque, une empreinte. Qu’elle soit réelle ou perçue comme telle, cette blessure a des effets sur notre façon d’être.

La blessure du rejet

Les manifestations du sentiment de rejet

Il convient de distinguer le sentiment de rejet du sentiment d’abandon. En effet, si vous avez lu “Les 5 blessures” de Lise Bourbeau, on différencie dans le chapitre qui lui est consacré, ces deux blessures.

“Abandonner quelqu’un, c’est s’éloigner de lui pour autre chose, pour quelqu’un d’autre alors que rejeter quelqu’un, c’est le repousser, ne pas vouloir l’avoir à ses côtés ou dans sa vie”.

Le sentiment de rejet touche l’être profond et le droit d’exister. Se sentir exclu, mis à l’écart, repoussé est extrêmement violent quand cela est vécu dans l’enfance avec l’un de nos parents ou un membre de la famille.

En effet, nous avons parfois la sensation de ne pas être bienvenu, de déranger, de gêner l’autre. Notre seule présence indispose. Par exemple notre belle-mère si notre père s’est remarié. À l’inverse, dans une fratrie un enfant est stigmatisé car il est, malgré lui, associé à une autre personne par sa ressemblance par exemple.

Les blessures de rejet dès la naissance

Le premier exemple est notamment le bébé non désiré. Il fait l’objet de remarques incessantes comme “tu es un accident”, “tu n’aurais pas dû naître”. Ces phrases nous semblent terribles mais prononcées régulièrement sur un ton anodin, finissent par graver le sceau du rejet. Bien entendu, le garçon attendu ou la fille qui “remplace” le bébé décédé à la naissance ou après une fausse couche aura soit une surprotection soit une réaction de rejet de la mère. Elle ne saura pas nouer l’attachement sécurisant pour son enfant.

de la blessure du rejet à l'acceptation de soi

Parfois le parent par son attitude impatiente, humiliante ou ignorante va induire cette blessure sans le vouloir consciemment. Il a des attentes qui souvent ont été celles de ses propres parents sur lui. Le désir d’être parfait, d’être à la hauteur, d’être un faire valoir pour flatter l’égo de ses parents ou de sa famille. Par exemple, un père en surpoids dans son enfance va projeter sur son fils un idéal corporel de physique mince et athlétique. Par ailleurs, une mère qui a de grandes attentes sur les études et les capacités intellectuelles de son enfant, va comparer les résultats de ses deux filles. L’une pourra ressentir cette blessure de rejet même si sa mère l’admire pour ses qualités sportives ou artistiques.

Les répercussions sur la vie de l’adulte

L’enfant, l’adolescent puis l’adulte qui souffre de ce sentiment de rejet va essayer de prendre le moins de place possible, de se faire tout petit. D’ailleurs, Lise Bourbeau utilise le terme “masque du fuyant” pour désigner une personne qui cherche à disparaître, à être invisible.

L’acteur français François Berléand a d’ailleurs mentionné dans de nombreuses interviews qu’il pensait qu’il était invisible. Son père lui avait dit “tu es le fils de l’homme invisible”. S’est produit alors en lui un dédoublement de personnalité à 11 ans qui a failli le conduire à la folie. Il a heureusement transcendé cette blessure en devenant comédien et en se mettant au devant de la scène.

Se sentir rejeté, c’est ne pas se sentir légitime, avoir le droit, mériter les choses. La première réaction est souvent la fuite dans un monde imaginaire, dans les livres, les contes où l’enfant peut s’identifier à des héros, des archétypes qui vont l’aider à se reconnaître. C’est un enfant sage, ne faisant pas de bruit et qui ne veut pas causer de problèmes aux autres.

la blessure de rejet à l’école

La blessure de rejet se poursuit souvent à l’école où les camarades rejettent à leur tour cet enfant sensible, dans la lune. Plus tard, sur le plan professionnel, le manque d’affirmation, de confiance et d’estime de soi auront souvent des conséquences sur sa carrière et ses ambitions. On a tous autour de nous des personnes qui n’osent pas s’exprimer. Elles fuient les réunions entre collègues, les repas entre amis par peur de ne pas être accepté, d’être exclu.

Quand on s’est senti rejeté, l’attention des autres nous semble suspecte. On se méfie, on a peur d’étouffer. On pourrait penser que cette situation ne concerne que le manque affectif mais bien au contraire. La surprotection peut susciter le sentiment de rejet dans le sens, ne pas être accepté comme on est. Comment réussir à se sentir capable de se débrouiller seul car je suis toujours considéré à l’âge adulte comme une enfant et je n’ai d’ailleurs pas eu d’enfant, me disait une de mes patientes.

Les mots et leur répercussions

Enfin, on se croit nul et sans valeur. C’est un mot fréquemment utilisé “nul” ou “nulle”, comme dans l’expression “tu n’es qu’un bon à rien”… D’où la tendance à se comparer sans cesse aux autres, ce qui le conduit à penser qu’il est moins bien que les autres. C’est alors en pensant chercher la perfection, qu’il devient obsessionnel et perçoit souvent les situations comme dramatiques, le mettant en panique. Avec le temps, cela peut se transformer en agoraphobie. Enfin même les marques d’affection et d’amour sincères lui semblent fausses. 

Des liens ont été établis entre cette blessure et les problèmes de peau qui est un organe de contact. Ne pas être touché, au sens propre comme au sens figuré.

Le chemin vers l’acceptation

Bien sûr, ce sentiment de rejet nous concerne tous et il peut se manifester à divers degrés dans nos vies. Nous avons plusieurs blessures en nous depuis notre naissance et certains seront plus confrontés à l’injustice, la trahison ou l’abandon. Cependant, passer de la blessure du rejet à l’acceptation de soi est une piste de guérison. Cela demande souvent un accompagnement avec un thérapeute.  Mais cela peut aussi passer par l’expression artistique comme la musique, la peinture, le théâtre ou l’écriture, la pratique du yoga, de la danse.. Toute activité physique qui permet au corps d’exprimer des émotions, de prendre contact avec l’espace, notre présence dans le moment présent.

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La prise de conscience

Prendre conscience de notre richesse intérieure et du trésor qui est en nous, notre singularité, notre signature, voilà l’expérience d’une vie. 

Nous pouvons choisir d’accueillir tous les facettes de notre être, ombre et lumière coexistent en chacun d’entre nous. 

Après s’être senti rejeté, on peut soi-même être dans le rejet de soi et des autres, devenir critique et très dur vis à vis de notre entourage.

Selon moi identifier une blessure comme celle du rejet est juste le début de notre chemin initiatique. Pourquoi sommes-nous venus ici dans cette vie ? 

Qu’est-ce que cette blessure m’apprend sur moi, sur ma famille, mes expériences, mes doutes, mes peurs mais aussi mes ressources ?

Sinon on risque de s’enfermer dans l’idée qu’on a cette blessure et qu’elle est la cause de tout ce qui nous arrive. Que c’est parce qu’on s’est senti rejeté qu’on est comme ça aujourd’hui. Ce serait une forme de déterminisme, une fatalité. Un bagage qu’on se trimballe toute notre vie.

Selon moi, les 5 blessures sont justes des portes d’entrée pour découvrir qui nous sommes aujourd’hui. 

Débuter une thérapie

Beaucoup de gens hésitent à débuter une thérapie, un accompagnement par peur de remuer le passé. Ils prenent soin de l’oublier ou en mettant des tonnes de ciment dessus. Ainsi on se croit protégé. On affirme penser uniquement à l’avenir. Le passé n’existe plus, seul le présent compte.

Si on est bien, serein, épanoui, plein d’énergie et de projets, optimiste et joyeux, nul besoin de se poser la question. A moins que sous cette apparence positive aux yeux des autres, une autre dimension plus sombre soit à l’oeuvre dans le corps avec des douleurs chroniques, des symptômes qui reviennent. En effet, le corps exprime ce qu’il a imprimé et même si on veut en faire abstraction, il saura nous le rappeler.

de la blessure du rejet à l'acceptation de soi

L’idée reçue selon laquelle parler de son enfance, de son adolescence ou de sa vie va faire remonter le mal-être, revient à dire que gravir une montagne avec un sac de pierre sur le dos est plus facile que le déposer à terre.

C’est le poids que l’on porte aujourd’hui qui pèse dans notre mental, dans notre corps et dans nos émotions. Le passé n’existe plus mais nous tirons une remorque inconsciente en pensant qu’elle nous suit.

Quelle belle découverte quand on s’aperçoit que nous pouvons juste accepter de la décrocher.

Ensuite, le chemin sera plus doux. On pourra choisir des itinéraires bis, des routes ensoleillées, des paysages à notre image ou des contrées éloignées. Le voyage peut continuer.

Stéphanie Laures Hypnose

Cet article a 2 commentaires

  1. caroline ida ours

    Bel article et il est vrai que lorsque l’on rencontre se genre de problème, il faut vraiment se faire aider!!

  2. Merci Stéphanie pour cet article très complet. Apprécier le moment présent n’est pas en contradiction avec le soin à l’enfant que nous avons été et qui nous accompagne encore.

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