Balenciaga à Getaria 

Musée-culture

Le Musée Balenciaga, un musée Hors Normes

Lors de mes dernières vacances dans le Pays Basque, j’ai eu le plaisir de découvrir le musée Balenciaga à Getaria. Un moment unique.

Balenciaga, un Basque espagnol

Quand je suis en mode nomade, l’ordi reste en éveil, sauf pour la promenade matinale : à Biarritz, c’est une marche aux aurores, en bord de mer. Le Port Vieux, le Rocher de la Vierge… ma petite foulée m’emmène le long de la Grande Plage, quand l’océan est au calme.

Ce jour d’octobre, je ne me suis pas arrêtée, comme à mon habitude, à l’Hôtel du Palais. Celui-ci étant en travaux depuis le G7, je rejoignis l’Hôtel Régina, autre endroit magnifique, pour un café bien mérité dans un écrin d’Art Déco exceptionnel.

En feuilletant les pages d’un magazine, je fais une découverte. Le musée Balenciaga à Getaria ! Je précise … il ne s’agit pas de Guéthary, joli village basque voisin, mais de la petite ville côtière espagnole située juste après Saint Sébastien.

Balenciaga, le maître de la haute couture

Oui ! Cristóbal Balenciaga, ça me parle personnellement puisque c’était le mentor d’Hubert de Givenchy, avec lequel j’ai travaillé quelques années comme directrice de la communication. Un homme délicieux, un maître, lui aussi. D’ailleurs, la dernière boutique de Balenciaga à Paris était de l’autre côté de l’avenue George V, en face de nos bureaux, situés au-dessus du studio et de la boutique de la maison de couture. 

« Mon cœur un instant de battre s’est arrêté », comme dit le film. 

Comment avais-je pu ignorer l’existence de ce musée, depuis le temps que viens ici ? 

L’explication est toute simple  : c’est un musée relativement récent, inauguré en 2011.

Je fais l’impasse sur la viennoiserie, j’expédie mon café et je n’ai qu’une hâte, me doucher, me changer et mettre le cap sur ce que je pense, très franchement, être un musée modeste. 

Direction le Pays Basque espagnol

Deux heures plus tard, je suis en Espagne. 

Je roule dans la rue principale de Getaria, scrutant les panneaux car, bien sûr, je n’ai pas pris l’adresse. 

Quelqu’un pourra peut-être me renseigner ? Enfin, une petite flèche indique le lieu, sur ma droite… Une rue en pente raide, une autre flèche … avec le logo Balenciaga, « Entrée ». 

Par chance, il y a une place de libre sur le parking. Je me gare, un peu dubitative : peut-être est-ce dans une vielle maison…non … devant, ce sont des immeubles et, à ma droite, entouré de pelouses, un immense bunker de verre et d’acier, certainement une banque ou… je ne sais pas. 

Je poursuis quand même le chemin indiqué, je gravis de grands escaliers et, effectivement, en contournant le « paquebot » contemporain qui domine la ville, je trouve une entrée de service fermée et une plaque marquée du nom du maître. Bizarre… je continue le long des vitrages noirs et, en m’approchant au plus près, les deux mains autour du visage, à travers, je vois un hall et tout près, de l’autre côté, une femme derrière un bureau futuriste. 

Je frappe la paroi et rien ne se passe. Au bout de la troisième fois, miracle ! Elle m’entend, me fait signe de continuer mon chemin et de faire le tour du bâtiment. Et trente secondes après, je suis devant la billetterie complètement décoiffée par le vent et… par la majesté de l’architecture.

Découverte du musée Balenciaga

Je suis dans Blade Runner ! Scénographie à couper le souffle, films documentaires, labyrinthe de surprises… expositions temporaires, nul ne sera déçu du voyage ! 

Un tel bâtiment pour des robes, me direz-vous ? Tout simplement parce que le petit garçon, qui a grandi dans ce petit port de pêche, a révolutionné la mode en son temps. 

Cet homme parti de rien, c’était un peu comme Edwards aux mains d’Argent, avec ses ciseaux qui transformaient tout en or.

Oui, c’est un peu du Zola, le côté misérable de ses débuts, mais on est dans le vrai  : un père pêcheur qui disparaît en mer quand le gosse a onze ans, une mère couturière d’un talent certain, remarquée par la Marquise de Casa Torres pour laquelle elle travaille.

Cette même marquise qui, admirant le talent du petit Cristóbal, va devenir sa première fan, son mécène, pour l’encourager à créer sa marque ! Voyez le résultat  : à 22 ans, il ouvre une première boutique à Saint Sébastien puis à Madrid, mais, à cause de la guerre civile espagnole, il s’installe à Paris en 1937.

Enfin, les portes de l’élégance mondiale lui sont désormais ouvertes !

Il va dessiner de nouvelles silhouettes pour la femme, cassant les codes, misant sur le confort féminin et sur la pureté des lignes. 

Hubert de Givenchy dira de lui, « C’est mon maître. » ou encore Coco Chanel le qualifiera de « L’architecte de la Haute Couture. »

Nous verrons apparaître des volumes innovants, comme la ligne tonneau en 1947, la Jupe Ballon, la Baby Doll en 1956 et la Robe Sac en 1957. Cristóbal ne sera pas seulement un couturier, mais un homme qui maîtrise parfaitement la notoriété de sa marque.

Comme en habillant les hôtesses d’Air France ou, avant sa disparition, en 1973 , en montrant au monde un chef d’œuvre, la robe de mariée de la Reine Fabiola de Belgique. Robe qui, d’ailleurs, fera l’objet de la prochaine exposition temporaire du maître à Getaria.

Surprise : En sortant de cet univers de science-fiction, une maison ancienne, la maison natale de Cristóbal est conservée, greffée à ce vaisseau tout droit sorti de la Guerre des étoiles.

Un voyage dans le temps passé et un retour vers le futur, cela devrait vous tenter puisque l’on dit que la mode est un éternel recommencement…

Le magazine positif
Elizabeth Floriant

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7 Commentaires

  1. Corinne
    3 novembre 2019 / 17 h 52 min

    Hello, je ne manquerai pas d’aller visiter cette expo lors de mon prochain séjour au Pays Basque. Tu as du te régaler ! bonne soirée

    • Elizabeth
      Auteur
      4 novembre 2019 / 12 h 08 min

      Merci! Oui c’était un très joli moment! Belle journée!

  2. 3 novembre 2019 / 18 h 00 min

    très joli reportage sur un couturier que j’avoue connaître très mal, mais tes photos font rêver….

  3. isabelkehr
    3 novembre 2019 / 20 h 14 min

    Et dire que cela fait des années que je veux aller visiter ce musée ! Bon là c’est décidé, cette année sera la bonne. Merci Elizabeth pour ce beau reportage !
    Bises

    • Elizabeth
      Auteur
      4 novembre 2019 / 12 h 10 min

      Pas d’excuse ma choute, tu est vraiment à proximité surtout quand tu es à St. Jean de Luz! Bises

  4. Marie Jeanne
    10 novembre 2019 / 10 h 54 min

    Merci Elisabeth pour cet article très intéressant, comme quoi il y a des trésors cachés à la fois architecturaux et l’histoire d’un homme qui a marqué et marque toujours le monde du luxe et de la mode. Une belle découverte.

    • Elizabeth
      Auteur
      11 novembre 2019 / 10 h 04 min

      Merci Marie Jeanne … j’adore découvrir les pépites! Belle journée à vous!

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